La junte au pouvoir en Guinée a-t-elle entamé des démarches pour s’éterniser au pouvoir?

25 juin 2024

La junte au pouvoir en Guinée a-t-elle entamé des démarches pour s’éterniser au pouvoir?

Cet article donne d’abord un aperçu du processus de transition en cours en Guinée, décrit les étapes clés et met en évidence les défis découlant des conséquences du coup d’État militaire de 2021. Il note l’absence de calendrier précis, soulevant des inquiétudes quant à l’engagement de la junte en faveur de la transition. Il parle également des violations des droits humains, des discordes politiques et passe à la vérification des rumeurs de prolongation de la transition. Ce dernier point est souvent évoqué par certains leaders politiques qui évoquent une volonté de la junte de vouloir confisquer le pouvoir.

Aperçu sur la transition en Guinée

Le 5 septembre, le Comité national pour la réconciliation et le développement (CNRD) dirigé par le colonel Doumbouya a annoncé une prise de pouvoir en invoquant des allégations de corruption, de mauvaise gestion et de manipulation constitutionnelle de la part du gouvernement du président Condé pour prolonger son mandat au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats.

Après plusieurs efforts de négociation menés par la CEDEAO et soutenus par la société civile, le CNRD a élaboré un calendrier sur deux ans pour le retour à l’ordre constitutionnel, qui démarre janvier 2023 et se terminera en décembre 2024. Le CNRD a ensuite dévoilé 10 étapes vers l’atteinte de cet objectif avant la transition vers un régime civil. Ces 10 étapes comprennent l’organisation d’un recensement général de la population ; établir une nouvelle liste électorale; rédiger une nouvelle constitution; organiser un référendum; créer des institutions nationales; organiser des élections locales et législatives, puis organiser une élection présidentielle pour marquer la fin de la transition. Cependant, aucune de ces mesures n’est assortie d’un calendrier précis, ce qui est inquiétant et soulève des incertitudes quant à l’engagement de la junte à abandonner le pouvoir au profit d’un régime constitutionnel.

Progrès et défis de la transition en Guinée

Alors qu’il ne reste que 6 mois avant la fin de la période de transition, peu de progrès ont été réalisés dans la réalisation des 10 étapes nécessaires au retour du pays à un régime civil. Cependant, quelques avancées mineures ont été enregistrées, notamment dans la rédaction d’une nouvelle constitution, une étape clé vers le retour d’un régime civil, même si cette constitution n’a pas encore été partagée.

En février 2024, le président du Conseil national de transition a annoncé la présentation de la nouvelle constitution, prévue pour mars 2024, en préparation d’un prochain référendum. D’autre part, le ministère de l’Administration territoriale a également engagé des efforts pour lancer le processus de recensement de l’état civil.[1], en se concentrant sur les personnes dépourvues d’actes de mariage, d’actes de naissance et sur les familles qui ont perdu un parent mais ne possèdent pas d’acte de décès. De ce fait, le gouvernement a lancé le recrutement de près de 10 000 agents pour réaliser le recensement de l’état civil. (Voir le communiqué de presse ci-joint). En outre, des procédures de recensement général de la population ont été lancées pour faciliter l’établissement du fichier électoral. Par ailleurs, un dialogue entre les parties prenantes est toujours promu par les autorités, bien que critiqué pour son manque d’inclusivité.

Dans ces circonstances, la transition a été entachée de défis importants, notamment la suspension d’accès à Internet pendant des mois, la fermeture de nombreuses chaînes de radio et de télévision et l’envoie au chômage et encore l’arrestation de nombreux journalistes. Depuis le début de la période de transition, une vingtaine de manifestants ont perdu la vie, des arrestations arbitraires ayant eu lieu lors de manifestations citoyennes pacifiques organisées par diverses factions. Ces situations contreviennent de manière flagrante aux articles 8 et 12 de la charte de la transition, qui mettent l’accent sur la sauvegarde des droits, devoirs et libertés fondamentaux des citoyens. À l’heure actuelle, près de 3 ans de contrôle militaire, le paysage politique reste tendu, le gouvernement et les acteurs politiques n’étant pas encore parvenus à un consensus pour favoriser une approche inclusive de la gestion de la transition. Leurs discordes ne parviennent pas à favoriser l’harmonie sociale ni à faire progresser la promotion des droits humains.

Dissolution du gouvernement et prolongation de la transition selon les rumeurs

Cependant, au milieu de cette situation précaire, un événement important s’est produit le 19 février 2024. Le président de la transition dissous le gouvernement. En conséquence, les ministres, les maires et plusieurs autres dirigeants se sont vu interdire de quitter le pays, avec leurs documents de voyage confisqués par le CNRD. La transition semble au point mort, aggravant la situation déjà difficile à laquelle est confrontée la population, aux prises avec des problèmes socio-économiques tels que les pénuries d’eau, les coupures d’électricités, les perturbations d’Internet, les libertés de presse restreintes et la flambée des prix des denrées alimentaires.

C’est dans cette situation que nous avons tenté de répondre à travers différentes recherches de sources à la question de savoir si la junte compte bien confisquer le pouvoir.

Dans notre parcours de vérification des faits, nous avons fait une aventure par rapport à l’idée contenue par le titre de cet article, mais au moment de cette vérification, c’est un seul média en ligne qui en fait cas. Il faut mentionner que nous avons réalisé la vérification à travers une recherche google.

L’information trouvée montre selon les rapports des médias tels que Renseignement Afrique que la junte aurait discrètement contacté ses partenaires occidentaux au sujet d’une éventuelle prolongation de la période de transition, qui devrait s’achever fin 2024 mais pourrait être prolongée d’un an supplémentaire. La rumeur prend donc de l’ampleur et relance le débat en Guinée sur les intentions de la junte de prolonger la transition au-delà de décembre 2024. Certains citoyens spéculent même que la dissolution du gouvernement en février 2024 était une farce pour prolonger le calendrier de la transition.

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